Une vidéo interactive vous propose de vivre un décollage dans le cockpit d’un A320

Vivre un décollage aux premières loges, dans le cockpit, est une opportunité en or. Pour vous éviter de passer le diplôme de pilote de ligne in extremis, le média suisseBlick a été autorisé à poster une caméra à 360° sur le tableau de bord d’un A320 en partance de Zurich, et à destination de Genève.

La vidéo interactive, postée sur YouTube le 3 septembre dernier, permet d’observer le moindre détail en quelques glissements de souris. La communication avec la tour de contrôle est active, le copilote serein, l’appareil en marche. Il ne vous reste plus qu’à apprécier le paysage, plus accessible qu’à travers un simple hublot.

L’immense disque de poussières qui entoure l’étoile naine rouge AU Microscopii mesure environ 50 milliards de kilomètres. Pour observer le disque, les astronomes masquent l’étoile au foyer de leurs instruments, ici, en haut, le télescope spatial Hubble, en bas, le Very Large Telescope européen. L’image prise par le VLT et son optique adaptative est environ deux fois plus nette que celle obtenue avec le télescope spatial. Les astronomes disent que la résolution du télescope de 8 mètres de diamètre, à la longueur d’onde observée – 1,25 micromètre – avoisine 0,3 seconde d’arc, ce qui, à la distance de l’étoile, 32 années-lumière, correspond à des détails de moins de 500 millions de kilomètres… Photos Nasa/ESA/STSCI/ESO.

C’est une découverte étrange et spectaculaire que viennent de faire Anthony Boccaletti, Jean-Luc Beuzit, Christian Thalmann et leurs collaborateurs, avec le Very Large Telescope (VLT) et son instrument Sphere. Le télescope géant européen, équipé d’une optique adaptative de nouvelle génération, a été utilisé par ces astronomes pour observer l’étoile AU Microscopii. Objectif ? Photographier avec une netteté sans précédent le disque de poussières qui entoure cette étoile et tenter d’y découvrir la présence d’une exoplanète. Mais une surprise attendait les chercheurs…

AU Microscopii est une étoile naine rouge, trois fois moins massive et dix fois moins lumineuse que le Soleil. Cette très jeune étoile – 23 millions d’années – se trouve très près de nous : 32 années-lumière seulement, soit 320 mille milliards de kilomètres. Autour de l’étoile tourne un immense disque de poussières, vu exactement par la tranche, d’une masse équivalente à une dizaine de Lune. Y a t-il aussi une ou des planètes qui tournent autour de l’étoile ? Les astronomes pensent que oui, mais ils ne l’ont pas encore découverte…

Ce que l’équipe de Anthony Boccaletti a trouvé, en revanche, est tout à fait nouveau et étonnant : sur un des côtés du disque, Sphere a détecté des structures ondulées. Ne sachant trop comment interpréter ces structures, l’équipe a étudié, à l’aide de nouveaux traitements d’images, les images de AU Microscopii réalisées par le télescope spatial en 2010 et 2011, et découvert, d’abord, que Hubble les avaient aussi vues, ensuite, et surtout, que ces structures se déplacent à grande vitesse dans le disque !

Ces « vagues de poussière » semblent s’éloigner de l’étoile à environ 40 000 km/h ; jamais de telles structures n’avaient été observées dans un disque de poussières entourant une étoile… De quoi s’agit-il ?

Une hypothèse fascinante est proposée par les chercheurs… Les étoiles naines rouges connaissent de brusques flambées, au cours desquelles elles émettent une quantité phénoménale d’énergie, sous forme de lumière mais aussi de particules, les vents stellaires. Les éruptions – appelées flares par les astronomes – de AU Microscopii sont quotidiennes, mais les chercheurs supposent que des éruptions plus violentes pourraient intervenir sur des périodes plus longues, se comptant en années ou décennies. Mais dans ce cas, si les ondulations dans le disque de l’étoile étaient simplement dues à l’interaction des flares avec le disque, on devrait suivre ces structures de part et d’autre de l’étoile. Or, ces vagues de poussières ne sont visibles que d’un seul côté…

Alors… Les astronomes européens se demandent si les perturbations asymétriques du disque de AU Microscopii ne seraient pas dues à la présence d’une planète… Ce serait cette hypothétique planète qui interagirait d’abord avec les éruptions de l’étoile, avant elle-même de perturber le disque… Reste à comprendre pourquoi et comment…

AU Microscopii va être bien sûr observée de nouveau par le VLT et Sphere, ainsi que par le concurrent américain du VLT, le télescope Gemini, utilisant l’optique adaptative GPI, et par le réseau international millimétrique Alma. Avec, en ligne de mire, la découverte d’une planète soumise aux feux de son soleil rouge…

Source: http://www.science-et-vie.com/2015/10/le-mystere-de-letoile-au-microscopii/

INNOVATION. Il y a quatre ans, une équipe de chercheurs américains mettait au point un matériau incroyable. Une sorte de maillage inspiré de la structure osseuse ; épais sur les bords et présentant de nombreuses cavités en son cœur. Un matériau fait d’un assemblage de minuscules tubes creux (1.000 fois plus fins qu’un cheveu) fabriqué à partir d’un polymère liquide durci sous l’effet d’un rayonnement UV, puis recouvert d’un film de nickel et de phosphore pour le stabiliser. Le matériau ainsi obtenu, qui a fait l’objet d’une publication dans le magazine Science en 2011, présenterait une densité si faible qu’il serait composé à 99,99% d’air, assurent ses concepteurs. Ce qui le rend léger au point de pouvoir en poser une briquette en équilibre sur les aigrettes d’un pissenlit, comme on peut le voir dans l’image ci-dessous.

Depuis l’annonce de sa mise au point, ce matériau n’avait guère fait parler de lui. Mais le voici qui vient de refaire surface dans une vidéo publiée par le constructeur Boeing intitulée, « le métal le plus léger du monde » (un peu plus bas dans l’article). L’avionneur américain, qui visiblement s’est emparé de la technologie, y rappelle les caractéristiques étonnantes de ce matériau, vantant les mérites de sa résistance ainsi que de ses capacités à se comprimer et à se déformer de manière à absorber les chocs. Par cette vidéo Boeing annonce ainsi qu’il entend bien exploiter ses propriétés de résistance et de légèreté dans le cadre de la fabrication de « composants de structure » pour l’aéronautique. Et ce dans l’optique de concevoir des avions plus légers et donc moins consommateurs de carburant.

L’exosquelette utilisé par Tom Cruise dans le film  »Edge of Tomorrow  » n’est pas une fiction.

L’agence américaine de la Défense (Darpa) développe depuis plusieurs mois l’exosquelette Talos à destination de l’armée de terre. Une armure avancée, visuellement proche de celle du personnage de comics Iron Man, qui pourrait tout simplement révolutionner le quotidien des soldats.

Plus fort que les français Hercule et Héraclès, ou le japonais Hal, voici l’Américain Talos. Talos, ou « Tactical Assault Light Operator Suit », du nom de l’armure dernière génération actuellement développée par l’agence américaine de la Défense (Darpa) pour l’armée de terre.

La force de Talos réside dans la mission confiée par l’armée américaine à des chercheurs du Massachussets Institute of Technology (MIT). Adossés au projet, ils essaient en effet de développer un liquide révolutionnaire pour le futur bouclier. Un fluide qui passerait de l’état liquide à l’état solide en quelques millisecondes en cas de charge magnétique ou électrique et rendrait le soldat invulnérable aux balles. Encore en développement, la démonstration de faisabilité de cette technologie semble être une condition sine qua none au lancement officiel du programme Talos par l’armée.

En attendant, en 2015, un autre exosquelette devrait équiper les soldats américains. Il s’agit de XOS2, conçu par l’entreprise Raytheon Sarcos pour aider les soldats à porter des vivres, des munitions ou encore déplacer des missiles.

 

Des chercheurs ont séquencé le plus ancien génome humain d’Afrique, datant de 4500 ans, selon des travaux publiés jeudi qui donnent un nouvel éclairage sur une mystérieuse vague migratoire massive d’Eurasie vers la Corne de l’Afrique survenue il y a 3000 ans.

C’est la première fois qu’un génome ancien provenant du continent africain, berceau de l’humanité et source de toute la diversité génétique humaine, a été récupéré et séquencé, précisent les scientifiques dont l’étude paraît dans la revue américaine Science.

Ce séquençage a également permis de révéler qu’un mouvement migratoire survenu il y a trois millénaires, depuis l’Eurasie occidentale vers l’Afrique, était en fait beaucoup plus important et soudain qu’estimé précédemment puisqu’il a affecté le patrimoine génétique de populations sur l’ensemble de l’Afrique.

Le génome a été récupéré dans le crâne d’un homme enterré face contre terre dans la caverne de Mota, dans les montagnes d’Éthiopie, qui est restée suffisamment froide et sèche pour préserver son ADN pendant plus de 4000 ans.

Avant cela, les séquençages de génomes humains anciens, qui sont rares, se limitaient à des échantillons retrouvés dans le nord de l’Europe et les régions arctiques.

Cette mystérieuse vague de migration d’Eurasie vers l’Afrique, appelée « le reflux eurasien », a surtout eu son origine au Proche-Orient et en Asie Mineure.

Afrique, « melting-pot » millénaire

L’ancien génome découvert, antérieur à cet événement, a permis aux chercheurs de faire des comparaisons génétiques sur plusieurs milliers d’années et de déterminer que ces Eurasiens étaient étroitement liés aux premiers agriculteurs du Néolithique, qui ont apporté l’agriculture en Europe 4000 ans avant.

Ainsi l’ADN des Africains modernes de l’est de l’Afrique contient jusqu’à 25 % de gènes d’ancêtres eurasiens venus avec cette migration. Ailleurs en Afrique, de l’ouest au sud, les populations actuelles ont également hérité de ces gènes, présents dans au moins 5 % de leur ADN.

Vu l’importance de l’héritage génétique, les chercheurs estiment que les migrants d’Eurasie d’il y a 3000 ans représentaient en nombre plus du quart de la population autochtone. Ils se sont ensuite dispersés génétiquement sur tout le continent africain.

« Cet ancien génome nous ouvre une fenêtre sur un lointain passé car une seule personne peut donner une image génétique d’une population entière », relève Andrea Manica, une chercheuse de l’université de Cambridge au Royaume-Uni, principal auteure de cette étude.

« Cette vague migratoire d’Eurasiens occidentaux vers la Corne de l’Afrique a pu représenter jusqu’à 30 % de la population indigène, ce qui est pour moi époustouflant », estime-t-elle, ajoutant : « la question est de savoir pourquoi cette migration a été aussi soudaine ».

La raison demeure un mystère, sans lien apparent avec une cause climatique particulière. Les indices archéologiques montrent toutefois que cette migration coïncide avec l’arrivée des cultures agricoles du Proche-Orient comme le blé et l’orge, laissant penser que les migrants ont aidé à développer de nouvelles formes d’agriculture dans la région, indiquent les chercheurs.

« L’Afrique est un melting-pot car nous savons qu’au cours des 3000 dernières années, il y a eu un bouleversement génétique de la population », commente Gallego Llorente également de l’Université de Cambridge, et l’un des principaux coauteurs de l’étude. « Disposer d’un génome datant d’avant de ces migrations représente un grand pas » dans ce domaine de recherche, juge-t-il.

Les chercheurs ont aussi identifié des adaptations génétiques à la vie en altitude et l’absence de gènes pour la tolérance au lactose. Des traits génétiques partagés par les habitants actuels des hauts plateaux éthiopiens, descendants directs de l’homme de Mota.

«Cet ancien génome nous ouvre une fenêtre sur un lointain passé car une seule personne peut donner une image génétique d’une population entière.»
Andrea Manica
chercheuse de l’université de Cambridge, principal auteure de cette étude

Source: http://www.lapresse.ca/sciences/genetique/201510/08/01-4908188-sequencage-du-plus-ancien-genome-humain-dafrique.php

La chute d’une énorme météorite il y a 66 millions d’années n’a pas causé seule l’extinction massive de la vie sur Terre, dont celle des dinosaures: d’importantes éruptions volcaniques liées à cet impact y ont également participé, ont déterminé des géologues américains.

De nouvelles analyses et mesures de l’activité des volcans dans ce qui est aujourd’hui l’Inde indiquent une très forte augmentation des éruptions sur le plateau du Deccan dans les 50 000 ans qui ont suivi l’impact de l’astéroïde.

Depuis 35 ans, la majorité des paléontologistes attribuent la disparition des dinosaures et de nombreuses autres espèces à la fin du Crétacé à une météorite géante qui a creusé un cratère de 180 km de diamètre, à Chicxulub, dans le Yucatan au Mexique envoyant des nuages de poussière dans l’atmosphère qui ont bouleversé le climat.

Mais des géologues ont aussi avancé la thèse selon laquelle des énormes éruptions volcaniques survenues en Inde, sur les plateaux basaltiques du Deccan avant et après l’impact de l’astéroïde ont été la véritable cause de cette extinction, jugeant les effets du choc de la météorite négligeable dans cet événement.

Ces nouvelles données semblent réconcilier les deux hypothèses en montrant clairement selon ces chercheurs que les coulées de lave basaltiques du Deccan ont vu leur flot doubler dans les 50 000 ans qui ont suivi la chute de l’astéroïde ou d’une comète dans le Yucatan.

L’impact ainsi que l’activité volcanique plus intense auraient recouvert la planète de poussière et d’émanations toxiques qui ont fortement modifié le climat terrestre et provoqué la fin de nombreuses espèces animales et végétales.

«Un demi-million d’années pour récupérer»

«Sur la base de notre datation des laves de Deccan, nous pouvons être assez certains que ce regain d’activité volcanique et l’impact de la météorite se sont produits dans une même période de 50 000 ans», souligne Paul Renne, professeur de géologie et de sciences planétaires à l’Université de Californie à Berkeley, le principal auteur de ces travaux.

«Il est de ce fait difficile de faire une distinction entre ces deux événements dans leur rôle dans l’extinction, car les effets atmosphériques de ces deux phénomènes étaient clairement présents en même temps», explique-t-il.

Selon les géophysiciens, l’impact de la météorite géante a changé la «plomberie» des volcans ce qui a profondément modifié la chimie et la fréquence des éruptions qui ont duré très longtemps, retardant ainsi la réémergence de la vie animale et végétale pendant 500 000 ans comme en témoigne l’absence de fossiles datant de cette période d’un grand nombre d’animaux terrestres et de petites créatures marines.

«La biodiversité dans les océans a mis environ un demi-million d’années pour vraiment récupérer après l’extinction ce qui correspond à la durée de la période pendant laquelle l’activité volcanique s’était intensifiée», conclut le professeur Renne.

«Le scénario que nous suggérons selon lequel l’impact de la météorite a provoqué une plus grande intensité de l’activité volcanique permet de réconcilier ce qui paraissait jusqu’alors être une coïncidence incroyable», pointe pour sa part Mark Richards, professeur de géophysique à l’Université de Californie à Berkeley, un des principaux coauteurs de cette recherche. Il avait été le premier à proposer cette hypothèse.

Le fait que ces deux événements se soient produits quasi simultanément et ne sont pas de toute évidence le fruit du hasard, élimine la thèse d’un séisme de grande ampleur qui se serait produit à proximité des volcans de Deccan et aurait provoqué ce fort regain d’activité volcanique, note le géologue.

Pour étayer leur thèse, ces chercheurs ont récolté en 2014 des échantillons de lave sur le plateau de Deccan, à l’est de Bombay. Ces prélèvements correspondent à des coulées de lave qui se sont produites près du début de l’extinction des dinosaures, plusieurs centaines de milliers d’années avant et près de sa fin, utilisant pour cette radio-datation de haute précision des isotopes de l’argon, un gaz inerte.

Un nuage un peu particulier, dont s’échappait des rais de lumières de différentes couleurs, a transpercé le ciel du Costa-Rica cette semaine. Un phénomène rare.

Scène de fin du monde? Face à un nuage un peu particulier, des habitants du Costa-Rica ont invoqué des raisons mystiques. « C’était à en avoir le souffle coupé, comme un signe de Dieu », confie ainsi une témoin, Jessie Montealegre, à ABC News. Les images sont ahurissantes: du nuage irradie un halo de différentes couleurs.

Des agrégats de peptides bêta-amyloïdes, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, ont été observés chez des patients ayant été traités par une hormone de croissance d’origine humaine.

TRANSMISSION. La nouvelle peut potentiellement faire froid dans le dos. Les premières données scientifiques suggérant la possibilité d’une transmission inter-humaine de la pathologie amyloïde, typique de la maladie d’Alzheimer, viennent d’être apportées selonl’étude publiée dans la prestigieuse revue Naturepar l’équipe de John Collinge, de l’University College London. Le fait a été observé chez des patients décédés ayant tous reçu un traitement par l’hormone de croissance d’origine humaine il y a plusieurs décennies.

Pour rappel, plus de deux cents personnes ont développé dans le monde une encéphalopathie fatale, la maladie de Creutzfeldt-Jacob (MCJ), à la suite d’un traitement par hormone de croissance. Celle-ci était extraite d’hypophyses humaines (une glande endocrine située à la base du crâne), administrée de 1951 jusqu’à son interdiction en 1985 (pour la Grande-Bretagne) et 1988 (pour la France). La MCJ est causée par un prion – une protéine dont la forme anormale est responsable de la transmission de la maladie – qui détruit les neurones. Des extraits d’hypophyses contaminées ont ainsi été transmis aux receveurs. Bien que ce traitement ait donc cessé depuis près de trente ans, des cas de MCJ iatrogènes (dus à un traitement) continuent d’émerger aujourd’hui encore en raison de la longue période d’incubation des infections par prions chez l’homme qui peut dépasser 50 ans.

Analyse des cerveaux post-mortem

C’est en analysant le cerveau post-mortem de huit de ces patients décédées de MCJ iatrogènes, âgés de 36 à 51 ans, que les chercheurs britanniques ont fait cette découverte inquiétante. En plus du prion, ils ont vu apparaître dans leur microscope des agrégats bien particuliers que l’on ne retrouve habituellement jamais dans des tissus de patients aussi jeunes : des dépôts de peptides bêta-amyloïdes, l’ennemi numéro 1 dans la maladie d’Alzheimer.

Le peptide bêta-amyloïde est un fragment de protéine produit par les neurones et normalement éliminé par le cerveau. Mais lorsque le système de « nettoyage » fonctionne mal, ou que l’amyloïde bêta est produit en trop grande quantité, le peptide s’accumule et s’agrège pour former les fameuses plaques amyloïdes, lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Il s’accumule également dans la paroi des vaisseaux sanguins cérébraux, déclenchant une autre pathologie, l’angiopathie amyloïde. Ainsi, chez les huit sujets étudiés à Londres, six cas présentaient des plaques amyloïdes dans le cerveau et quatre dans les vaisseaux.

Pour les chercheurs, l’explication se dessine : ces jeunes patients, non porteurs de la forme génétique de la maladie d’Alzheimer – ce qui aurait pu expliquer la présence précoce de ces plaques – pourraient bien avoir été contaminés par le traitement extrait d’hypophyse humaine, tout comme ils l’ont été par le prion. « La présence de l’amyloïde bêta au niveau des tissus et des vaisseaux du cerveau chez ces patients relativement jeunes, atteints de MCJ, par contraste avec d’autres malades atteints de maladies à prion ou de la population témoin est cohérente avec une transmission iatrogène de la pathologie amyloïde bêta additionnée à la MCJ et suggère que les individus sains exposés pourraient être aussi à risque d’une maladie d’Alzheimer iatrogène et d’une angiopathie amyloïde cérébrale », écrivent-ils.

La propagation de l’amyloïde bêta tel un prion a été démontrée

« Ce serait effectivement le premier argument épidémiologique obtenu chez l’homme en faveur d’une transmissibilité de l’amyloïde béta« , commente le docteur Stéphane Haïk, directeur du laboratoire Maladie à prions et maladie d’Alzheimer à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (Inserm U1127, Paris) et du Centre National de Référence des prions. « Cette étude produit une preuve potentielle de la transmission humaine de la pathologie de la maladie d’Alzheimer », ajoute à son tour le professeur Harald Hampel, titulaire de la chaire Axa-UMPC sur la prévention de la maladie d’Alzheimer. Pour autant, ce résultat ne les surprend pas tant que cela.

La propagation de l’amyloïde béta tel un prion est un fait qui a été démontré expérimentalement dans des travaux antérieurs de l’équipe de Mathias Jucker, de l’université de Tübingen (Allemagne). « L’amyloïde bêta est une protéine dite ‘prion-like’ (‘comme un prion’, NDLR), poursuit Stéphane Haïk. C’est à dire que sa conformation ‘contamine’ les formes normales de la protéine, qui se transforment à leur tour en amyloïde bêta. Il a été montré que si on injecte une amyloïde béta dans un cerveau sain de souris ou par voie périphérique, cela déclenche une sorte d’emballement de la production d’agrégats amyloïde. » Harald Hampel confirme : « Les fragments de protéines associées aux maladies peuvent agir comme des graines qui recrutent d’autres protéines cellulaires et les incorporent dans une forme mal repliée, dans leur structure agrégée. La cause n’est pas claire, peut être est-ce génétiquement régulé. »

Il faut à présent comprendre quels mécanismes sont à l’œuvre et si on peut trouver ce phénomène de propagation à partir d’autres fluides biologiques ou d’autres produits d’origine humaine. Autrement dit par des instruments chirurgicaux contaminés par exemple ? « Depuis les différentes crises liées à l’encéphalopathie spongiforme bovine, ceux-ci sont traités par des procédés qui inactivent les prions, rassure Stéphane Haik. Toutes les précautions sont prises ».

Des patients français à surveiller

La question délicate reste de déterminer l’état de santé des 1500 patients traités par l’hormone de croissance jusqu’en 1988 et qui sont toujours en vie. Selon les chercheurs, la panique n’a pas lieu d’être. « L’étude britannique porte sur très peu de cas, souligne ainsi Stéphane Haik. Il faudrait avant tout établir si l’on retrouve, ou non, la même chose en France car les procédures d’extraction de l’hormone de croissance et les sources d’hypophyses n’étaient pas identiques dans les deux pays. » La première chose à faire serait donc de réaliser la même étude sur les cas de patients traités en France et décédés depuis. « Soulignons qu’une étude américaine basée sur l’analyse des certificats de décès des receveurs (avec les limites que cela implique) n’a pas retrouvé d’augmentation du risque de maladie d’Alzheimer dans cette population, poursuit le chercheur. Ce type d’étude doit être répliquée en France et au Royaume-Uni. S’il est difficile d’affirmer que les patients détectés positifs dans l’étude du groupe de John Collinge auraient développé un jour une maladie d’Alzheimer, il demeure qu’une surveillance des patients français est plus que jamais d’actualité. »