L’ascenseur spatial : une idée qui relevait autrefois de la science-fiction pourrait éventuellement se concrétiser. Une entreprise canadienne a obtenu un brevet américain pour la construction d’une structure qui permettrait aux astronautes d’entamer leur voyage dans l’espace sans fusée. Elle est maintenant à la recherche de partenaires pour la construction d’un prototype.

Thoth Technology, située à Pembroke en Ontario, voudrait concrétiser ce projet qui permettrait, selon elle, d’économiser plus de 30 % du carburant utilisé lors des premières étapes d’un voyage dans l’espace.

L’ascenseur électrique qui prendrait la forme d’une tour haute de 20 km permettrait aux astronautes d’atteindre une plateforme de lancement aménagée au-dessus de la Terre de laquelle ils pourraient effectuer leur voyage. Il pourrait transporter des navettes spatiales, des satellites et même des touristes à mi-chemin avant de les lancer dans l’espace. En théorie, la tour pourrait éventuellement atteindre 200 km et ainsi accéder à l’orbite terrestre basse.

« Du haut de la tour, on pourrait voir l’anneau bleu de la Terre et avoir une vue qui s’étendrait sur mille kilomètres. »— Caroline Roberts, présidente-directrice générale de Thoths Technology

Un raccourci vers l’espace

L’homme derrière cette invention est un professeur de génie et de physique de l’Université York à Toronto. Brendan Quine est également le cofondateur de Thoth Technology.

Selon lui, l’ascenseur permettrait de voyager dans l’espace de manière plus efficace en économisant les grandes quantités de carburant utilisées lors des premières étapes d’un vol dans l’espace pour combattre la gravité et la friction atmosphérique. Présentement, les fusées sont munies de réservoirs à essence amovibles qui tombent dans l’océan au fur et à mesure qu’elles gagnent de l’altitude.

L’ascenseur rendrait ces réservoirs inutiles et pourrait être utilisé avec des fusées réutilisables comme celles développées par l’entreprise californienne Space X.

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Le premier protoype d’ascenseur spatial conçu par Brendan Quin fait sept mètres.  Photo :  York Univeristy

Brendan Quine a cosigné un article publié dans la revue scientifique Acta Astronautica en 2009 qui détaille le fonctionnement de cette invention. Construite en kevlar, la structure serait maintenue en place grâce à un système de sections pneumatiques pressurisées à l’aide d’hydrogène ou d’hélium.

Prototype en vue

Un prototype de sept mètres avait été dévoilé en 2009 à l’Université York. Toths Technology espère en construire un de 1,5 km d’ici cinq ans, soit plus haut que la plus grande tour du monde – la Burj Khalifa de Dubaï aux Émirats arabes unis – qui fait 830 mètres.

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Dubai  Photo :  AFP/Marwan Naamani

Toths Technology croit que des entreprises comme celles qui ont construit les plus hauts édifices de la planète pourraient l’aider à construire ce protoype.

Caroline Roberts, qui enseigne également à l’école d’ingénierie de l’Université York, travaille à l’obtention d’un brevet canadien. En plus du brevet américain, elle en a aussi obtenu un de la Grande-Bretagne.

La tour pourrait également être employée à des fins de télécommunication et touristiques. Sa concrétisation est toutefois incertaine en raison de son prix élevé. Le projet coûterait entre 5 et 10 milliards $ US et nécessiterait de trois à cinq années pour être complétée, selon l’inventeur. Celui-ci rêve qu’elle devienne réalité dans dix ans.

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