De son temps, le Big Bang était encore à la mode. Normal, elle est presque aussi vieille que l’Univers lui-même. Il s’agit même de la galaxie la plus âgée et la plus éloignée à avoir été observée à ce jour. Et le mieux, c’est qu’elle ne devrait pas exister selon les modèles cosmologiques actuels.

EGS8p7 a surpris les astronomes de l’Institut de technologie de Californie (Caltech) qui ont déterminé son grand âge à cause de son activité. En effet, les scientifiques ont remarqué qu’elle chauffait du gaz d’hydrogène comme une jeune galaxie le ferait. Un comble pour la plus vieille de l’Univers!

UNE GALAXIE UNIQUE EN SON GENRE

Il y a 13,8 milliards d’années, notre Univers naissait à la suite du Big Bang. Et seulement 500 millions d’années plus tard, EGS8p7 s’est formée. Donc les étoiles qui composent EGS8p7 ont commencé à être actives il y a 13,2 milliards d’années. Néanmoins, les astronomes ont remarqué qu’elles se comportaient encore comme de jeunes astres.

En général, lors de leur formation, les étoiles émettent d’importants rayonnements ultraviolets qui chauffent l’hydrogène environnant. Le gaz émet produit alors lui-même une signature spectrale connue appelée raie Lyman-alpha. Les astronomes utilisent normalement cette signature quand ils sont à la recherche de nouvelles étoiles en formation.

«La galaxie que nous avons observée, EGS8p7, qui est exceptionnellement lumineuse, pourrait être alimentée par une population d’étoiles inhabituellement chaudes, et elle pourrait avoir des propriétés spéciales qui lui ont permis de créer une grosse bulle d’hydrogène ionisé beaucoup plus tôt que ce qui est possible pour les galaxies plus typiques de cette époque», a expliqué dans un communiqué Sirio Belli, un chercheur de Caltech.

LA VIEILLE, MAIS AUSSI LA PLUS ÉLOIGNÉE

Pour réaliser cette découverte, les astronomes se sont appuyés sur des observations des télescopes spatiaux Spitzer et Hubble. Identifiée comme une candidate prometteuse, EGS8p7 a alors subi une batterie d’analyses spectrographiques pour déterminer son «décalage vers le rouge», un outil astronomique permettant de calculer à quelle distance se trouve un objet lumineux.

C’est un résultat de l’effet Doppler, un phénomène dont on fait l’expérience lors du passage d’une sirène par exemple. Le bruit de la sirène change quand la distance par rapport à celui qui l’entend change: il est plus aigu en s’approchant et devient plus grave en s’éloignant. De la même façon, plus une galaxie est lointaine, plus la lumière qu’elle émet est étirée et déplacée vers l’extrémité du spectre lumineux. Elle apparaît de plus en plus rouge.

Le décalage vers le rouge de ESG8p7 a donc permis d’évaluer sa distance relative par rapport à la Terre. Avec un décalage de 8.68, elle détrône la précédente galaxie la plus éloignée et la plus âgée observée, qui n’avait un décalage «que» de 7.73.

3 réflexions sur « Découverte de la plus vieille galaxie connue à ce jour »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *