Un échantillon de salive, un papier-buvard et 30 minutes : bientôt, c’est peut-être tout ce dont vous aurez besoin pour savoir si vous êtes atteints d’à peu près n’importe quelle maladie.

Ce scénario, qui semble tout droit sorti d’un film de science-fiction, est sur le point de devenir une réalité, selon des chercheurs de l’Université McMaster, à Hamilton.

Le secret est dans le papier. Un papier-buvard capable à lui seul de reproduire le travail de tout un laboratoire.

Voici comment ça fonctionne en 4 étapes.

Étape 1 : Prendre un échantillon de salive

« Chaque virus, maladie ou agent infectieux a sa propre signature génétique. Ils laissent donc une trace qu’il est possible d’identifier » explique le directeur du Biointerfaces Institute, John Brennan.

Le problème, c’est que le matériel génétique en question se retrouve en quantité si négligeable qu’un processus complexe est actuellement nécessaire pour l’interpréter. En gros, il faut parvenir à multiplier ces traces infimes d’ADN pour pouvoir savoir de quelle maladie il s’agit. Jusqu’à maintenant, il fallait l’expertise d’un laboratoire pour y arriver.

Étape 2 : Mettre la salive sur un papier buvard

Les chercheurs de l’Université McMaster affirment qu’un bout de papier arrive maintenant à faire le travail d’un laboratoire.

« Tous les éléments chimiques essentiels pour amplifier la signature génétique se trouvent maintenant sur une languette de papier. »— John Brennan, directeur du Biointerfaces Institute.

Le résultat peut se comparer à un simple test de grossesse. Le patient n’a qu’à mettre sur une bande de papier éponge une goutte de sueur ou de salive et le tour est joué.

Étape 3 : Attendre 30 minutes

Il suffit de 10 minutes à une demi-heure pour que le papier réagisse à la présence de l’ADN suspect. Jusqu’à maintenant, le test mis au point par les chercheurs de l’Université McMaster est parvenu à découvrir la signature génétique de l’hépatite C et de cellules cancéreuses mammaires.

En théorie, toute maladie, infection, virus ou bactérie dont le code génétique est connu peut être détecté de la même façon.

Étape 4 : Lire le résultat

Blanc est la couleur que vous voulez voir. Si la goutte laissée sur la languette devient bleue, c’est mauvais signe : vous êtes porteurs du matériel génétique suspect. Vous êtes malade.

Le test est extrêmement précis, explique Meng Liu, étudiant postdoctoral en biochimie et auteur d’un article scientifique sur la découverte.

« C’est très simple. Tout le monde peut le faire, à la maison ou ailleurs. C’est aussi très rapide, et selon le résultat du test, une personne peut obtenir de l’aide médicale sans attendre. »— Meng Liu, étudiant postdoctoral en biochimie.

Patience

« Il a fallu trois ans de recherches pour en arriver là » dit John Brennan, et il faudra encore être patient avant de voir ces tests faire leur entrée sur le marché.

« Il faut que tout soit approuvé par Santé Canada, ce qui implique des études cliniques et des contrôles de qualité. Il faut aussi trouver la meilleure façon de fabriquer et de vendre ce type de test, en plus de trouver quelle compagnie pourra le faire. »— John Brennan, directeur du Biointerfaces Institute.

La bonne nouvelle, ajoute le scientifique, c’est que les languettes sont faciles à imprimer. L’appareil utilisé par le laboratoire de l’Université McMaster est capable d’imprimer à lui seul des milliers de tests par jour.

Avec des informations de CBC

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