Norman Hurens

Le texte, signé mercredi, engage les sites communautaires et les moteurs de recherche à mieux défendre la vie privée des internautes. Google a également fait faux bond.

La signature de la charte établissant le principe d’un «droit à l’oubli» sur les sites communautaires est intervenue mercredi sans le principal d’entre eux. Alors qu’un film consacré aux origines de Facebook sortait le même jour dans les salles françaises, le réseau social, qui affiche plus de 19 millions de membres en France, n’a pas souscrit aux engagements définis par le gouvernement pour mieux défendre la vie privée des internautes. «Ça traine un peu, mais ça va se faire», a promis Nathalie Kosciusko-Morizet. Google, du côté des moteurs de recherche, fait également partie des grands absents.

Dans le détail, le texte invite les sites communautaires à enseigner à leurs membres le respect de la vie privée, pour eux comme pour leurs amis. Dès la page d’accueil, des informations «conviviales» doivent les guider vers des paramètres de confidentialité «simple et ergonomiques», où visualiser ses données et supprimer son profil. Les signataires de la charte s’engagent aussi à ouvrir un guichet de réclamation, à prévenir lors du transfert de données à des partenaires et à mieux contrôler les comptes des mineurs. Une collaboration avec les moteurs de recherche est aussi prévue, pour supprimer des pages de leur index.

Une «impression trompeuse»

En l’absence de Facebook, cette charte, en discussions depuis un an, n’a pour l’instant séduit que quatre sites communautaires français : Copains d’avant, Skyrock, Trombi et Viadeo. Ils sont rejoints pour les moteurs de recherche par Microsoft et PagesJaunes, propriétaire de 123People. «Nous regrettons que de gros réseaux sociaux ne soient pas partie prenante. Il ne faudrait pas que la publicité qui soit faite autour de cette charte donne aux familles l’impression trompeuse qu’elles sont mieux protégées», a regretté Guillemette Leneveu, directrice générale de l’Union nationale des associations familiales.

Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, Facebook serait tout de même déjà «très sensibilisé» à la plupart de ces principes et «assez en ligne» avec les éléments de la charte. Les polémiques successives touchant aux réglages de confidentialité l’ont en effet obligé à revoir ses positions en profondeur cette année. Mais le réseau social ne risque pas d’en faire beaucoup plus pour se caler exactement sur les positions françaises, qui n’ont pas la valeur d’une loi. «Ils mettent en place leurs propres normes pour le monde entier, et voient si ça peut entrer dans d’autres normes», a ainsi reconnu la secrétaire d’État au numérique.