Norman Hurens  Apple cherche à imposer aux éditeurs en ligne une nouvelle solution de paiement sur Apple Store. Elle coûterait plus cher aux éditeurs et leur ferait perdre tout lien avec leurs clients.

Apple deviendrait-il trop gourmand ? La firme à la pomme a décidé de mettre fin aux offres d’abonnement «full numérique», regroupant iPad et Web. Désormais, recevoir son journal sur iPad ne sera possible que si le consommateur décide de souscrire à un abonnement sur son iPad. Il ne pourra plus le faire en adhérent à une offre «Web + iPad» ou même «papier + Web + iPad». «La décision d’Apple nous prive de la capacité de mener notre propre stratégie», s’inquiète Philippe Jannet, président du Groupement des éditeurs de services en Ligne (Geste). Une décision d’autant plus inquiétante pour les éditeurs en ligne qu’ils estiment avoir eux aussi contribué au succès commercial de la tablette d’Apple, en multipliant les publicités vantant leurs offres sur iPad.

La raison est qu’Apple veut aussi percevoir 30 % des abonnements en ligne. Sur 15 euros d’abonnement mensuel, un titre devrait donc reverser 5 euros à Apple. «Ce modèle économique n’est pas viable», tranche Philippe Jannet.

«Apple vient de nous prouver qu’il a la capacité de tout bloquer pour les médias», s’inquiète Philippe Jannet. Mais en agissant ainsi, le groupe prend aussi un risque, «la presse mondiale peut-être tentée de faire la promotion des tablettes sous Android», estime encore le président de Geste. L’inquiétude grimpe, à l’international aussi. Un véritable front des éditeurs en ligne est en train de voir le jour, face «au manque d’égard envers les gens qui font partie de l’écosystème d’Apple».

Apple motive notamment se décision par la multiplication des offres en ligne qui étaient en fait uniquement destinées à proposer une application sur iPad. Dans sa riposte, le groupe touche aussi tous les éditeurs de presse qui eux ont une véritable offre en ligne et sur iPad.