Le leader de la recherche sur le Net accuse Bing de copier les classements de résultats. Pour le prouver, il a tendu un piège en concevant de fausses pages de résultats sur des mots clés dénués de sens.
Quand on envie la réussite d’un concurrent, le moyen le plus simple, mais pas forcement le plus déontologique, pour l’égaler est sans nul doute de le copier. C’est en tout cas l’idée que semble avoir suivi le moteur de recherche Bing pour tenter de grignoter des parts de marché sur Google.

Norman Hurens
Les résultats fournis par Google
sur un mot clé « piégé ».

Norman Hurens  Norman Hurens  L’affaire a été révélée par le numéro un de la recherche sur le Net, qui s’est aperçu que son concurrent proposait dans certains cas les mêmes listes de résultats que lui. Google explique sur son blog officiel que ce sont les similitudes, même si les mots clés saisis par l’internaute comportaient des fautes d’orthographe ou des erreurs de saisie, qui lui ont mis la puce à l’oreille. Il fournit l’exemple d’une recherche lancée sur le mot « torsorophy » au lieu de « tarsorrhaphy » (une opération chirurgicale pour les yeux).

Norman Hurens  Norman Hurens  Norman Hurens
Et les résultats de Bing
pour ce même mot. Ils sont étonnamment ressemblants.

Norman Hurens  Norman Hurens
Grace à son outil de correction orthographique automatique, le moteur est capable de passer outre l’erreur de saisie pour fournir une liste de résultats pertinents. Or, cette liste présente d’étranges similitudes avec celle proposée par le moteur de Microsoft, qui lui, s’est contenté d’effectuer la recherche sur la mauvaise orthographe.
Les ingénieurs de Google sont convaincus que son concurrent se sert des requêtes effectuées par certains internautes dans Internet Explorer (lui aussi détenu par Microsoft) pour analyser les résultats fournis par Google et les utiliser pour améliorer ses services.

Des informations collectées par Internet Explorer

Google a mis en place un stratagème pour récolter des preuves de ces pratiques : il a conçu 100 fausses pages de résultats pour des recherches effectuées sur des suites de lettres dénuées de sens.
Les ingénieurs ont ensuite lancé de multiples requêtes avec ces mots clés sur leur propre moteur, mais en utilisant le navigateur Internet Explorer équipé de la barre de recherche Bing. Ils ont cliqué sur la fausse liste de résultats, histoire que les informations collectées par Microsoft laissent à penser que l’utilisateur en était satisfait.
Deux semaines plus tard, le stratagème a porté ses fruits. En lançant ces mêmes recherches, mais en passant par Bing, les ingénieurs ont pu constater que certaines des fausses occurrences remontaient en tête de liste. Le doute n’est donc plus permis pour Google, son concurrent l’a copié.
Bing nie les faits. Microsoft a seulement reconnu utiliser des informations obtenues à l’aide de sa barre de recherche, comme il le notifie dans ses conditions générales d’utilisation. Et il se défend en affirmant qu’il utilise mille sources différentes pour alimenter son algorithme de recherche. Sa démonstration faite, Google a retiré les fausses pages de résultats.
The Bing Team 2/1/2011 10:22 AM

This morning, I will be on a panel at the Farsight Summit with some of the industry’s thought leaders to talk about search quality as we look into the future of search. Farsight is about looking 10 years into the future to explore the big industry challenges and opportunities ahead of us as we work to deliver the next generation of search.

We woke up to an interesting (and interestingly timed) article by Danny Sullivan about some complaints Google has about how it says Bing ranks results. I wanted to take a moment to make a couple of points in advance of this panel so we can stay focused on the original intent of the Summit.

The Bing engineering team has been working hard over the past couple of years to deliver the best search relevance and quality in the industry and for our users. This is our top priority every day.

We use over 1,000 different signals and features in our ranking algorithm. A small piece of that is clickstream data we get from some of our customers, who opt-in to sharing anonymous data as they navigate the web in order to help us improve the experience for all users.

To be clear, we learn from all of our customers. What we saw in today’s story was a spy-novelesque stunt to generate extreme outliers in tail query ranking. It was a creative tactic by a competitor, and we’ll take it as a back-handed compliment. But it doesn’t accurately portray how we use opt-in customer data as one of many inputs to help improve our user experience.

The history of the web and the improvement of a broad array of consumer and business experiences is actually the story of collective intelligence, from sharing HTML documents to hypertext links to click data and beyond. Many companies across the Internet use this collective intelligence to make their products better every day.

We all learn from our collective customers, and we all should.

From its inception, we have had what we believe is a distinct approach to search, and the features and innovation in Bing – from our new user experience and visual organization approach to our focus on inferring user intent and helping customers complete complex tasks, Bing has added a new voice and new experiences to search. We never set out to build another version of an existing search engine. We believe search needs to do more for customers. This is the guiding principle in how we approach our work each day and it is why we are here today engaging in discussions at Farsight, an event we are proud to have helped bring about.

This is why I am excited to mix it up this morning with some of the best thinkers in the search business.

We all have lots of work to do to get search to be everything we want it to be, and everything our customers deserve. Let’s get to it.

Harry Shum, PhD, Corporate Vice President, Bing