La mobilisation est particulièrement importante. Une grande majorité des grandes marques opérant en France (Unilever, L’Oréal, Procter & Gamble, Danone, LVMH, Hermès, Pernod Ricard, France Télécom, Novartis…) représentées par l’Union des fabricants, les grands annonceurs via l’Union des annonceurs, ainsi que l’ensemble des titres de la presse quotidienne nationale (SPQN) et ceux de la presse magazine (SPM) ont adressé une lettre à Eric Schmidt, le président de Google.

Dans cette missive, tous ces grands noms s’insurgent contre le fait que depuis le 14 septembre, GOOGLE s’octroie le droit de commercialiser ces marques sous forme de liens commerciaux.

En clair, Carrefour pourrait acheter Auchan comme mot-clé sur Internet et le site de l’Auto Journalpourrait gagner de l’audience en achetant le mot-clé du quotidien L’Équipe. Une situation qui peut sembler totalement ridicule et grotesque mais qui ouvre une brèche béante dans le système de protection des marques.

Surtout, elle force les propriétaires d’une marque à racheter à Google les mots-clés qui la concernent.

Avertissement ferme

Le président de l’Association des agences conseils en communication (AACC), estimait qu’il y a «un risque de prise en otage» des marques. «Il faudra se prémunir contre le racket que le programme Adwords pourrait contribuer à instaurer», notait-il en septembre. Ce risque est d’autant plus fort qu’en France, Google contrôle 90 % du marché des liens sponsorisés. D’où la nécessité de lui opposer une forte mobilisation des marques. Dans la lettre adressée à Eric Schmidt, l’avertissement est ferme. «En prenant l’initiative de lancer pendant l’été un service qui permet à quiconque d’acheter des marques, en tant que mots-clefs, pour déclencher ses liens commerciaux, Google a franchi une étape. En effet, ce changement est source de développement de situations illégales, actes de parasitisme, de concurrence déloyale ou de contrefaçon, risque de confusion pour le consommateur en recherche de références fiables face auxquelles Google ne peut rester sans réponse.»

Les marques appellent Google «à se comporter comme un partenaire économique et responsable, respectueux des droits de la propriété intellectuelle» et demandent à ce que «la politique de liens commerciaux prenne en compte la protection effective des marques et offre aux entreprises dans les délais les plus brefs des solutions concrètes».

Nous qui faisions état dans l’article précédent du mécontentement des marques pour les contrefaçons et la fraude, voici que nous faisons état de la grande colère des MARQUES FRANCAISES vis à vis des agissements de GOOGLE pour les mots clés.

En FRANCE, nous sommes assez contrariés par le fait que d’autres nous obligent à travailler autrement, tout en nous soufflant notre façon de faire, nous sommes très conventionnels et ce qui appartient à quelqu’un doit lui être attribué et non distribué ou volé par le biais d’un moteur de recherche.

GOOGLE est un géant américain, mais qui ne sait pas forcément s’y prendre pour accéder à la culture française, sa façon de travailler, sa façon de se prémunir des autres. Nous avons tous besoin de tous, mais pourquoi ne pas le faire dans les règles de l’art, tout en prenant en compte les paramètres existants.

l’Union des fabricants, les grands annonceurs via l’Union des annonceurs, ainsi que l’ensemble des titres de la presse quotidienne nationale Française a lancé à GOOGLE cet avertissement ferme et sans appel afin que le géant américain se rendent compte de l’absurdité de sa manœuvre pour les mots clés, et de se comporter comme un partenaire économique, responsable et respectueux des règles établies et non comme un simple vendeur.

C’est comme si vous demandiez à un propriétaire d’une terre, de la racheter pour avoir le droit d’y travailler.

Affaire à suivre mais je suppute que la France et les Unions n’en resteront pas à ce stade, et que cela devrait réveiller des « batailles » latentes.