Quelques jours avant de déclencher les élections, le gouvernement Harper a infirmé la décision de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) de prohiber certains types d’armes semi-automatiques, comme la carabine CZ-858 utilisée par Richard Henry Bain le soir de l’attentat du Métropolis.

C’est la première fois qu’Ottawa utilise les nouveaux pouvoirs conférés par une nouvelle loi, adoptée en juin dernier, qui modifie la Loi sur les armes à feu et le Code criminel, permettant au gouvernement d’outrepasser les décisions des forces policières.

En février 2014, la GRC avait annoncé qu’elle bannissait les armes Swiss Arms Classic Green et CZ-858, estimant qu’il est facile de les transformer en fusil automatique.

Une amnistie d’abord

Quelques jours plus tard, le ministre de la Sécurité publique Steven Blaney qualifiait cette décision d’ « inacceptable », et annonçait une amnistie pour les particuliers et les entreprises en possession de ces armes, les protégeant contre les poursuites au criminel.

L’amnistie avait été prolongée jusqu’en 2016, mais le 31 juillet dernier, Ottawa est allé encore plus loin, en annonçant avoir modifié le règlement sur la classification des armes à feu. Les fusils Ceská Zbrojovka CZ-858 et certaines armes à feu de la famille Swiss Arms seraient désignés comme étant « à autorisation restreinte » ou « sans restriction », comme ils l’étaient avant la nouvelle classification de la GRC.

Steven Blaney assure ainsi aux propriétaires qui ont acheté ces fusils de « bonne foi » qu’ils n’auront pas à assumer de conséquences d’ordre criminel.

« En février 2014, notre gouvernement s’est engagé à prendre des mesures pour s’assurer que les droits de propriété des personnes touchées ont été rétablis. Ces modifications honorent cet engagement, les politiques de notre gouvernement prennent la défense des chasseurs, des agriculteurs et des tireurs sportifs respectueux des lois », affirme Steven Blaney dans un communiqué.

Le gouvernement Harper affirme appuyer un « système de contrôle des armes à feu visant à encourager la conformité et à réduire le fardeau administratif des propriétaires d’armes à feu respectueux des lois tout en maintenant la sécurité des collectivités canadiennes. »

Cette décision fait écho à une déclaration récente de Stephen Harper, selon laquelle il approuve le recours aux armes à feu pour les citoyens qui souhaitent se défendre contre une menace en l’absence de policiers.

Canada exportateur d’armes

Entre 1998 et 2014 seulement, les exportations d’armes canadiennes ont été multipliées par 11, passant d’une valeur globale de 59 M$ à 670 M$. Ce qui inquiète, c’est surtout que cette tendance suit de près les recommandations formulées en 2009 par les représentants de cette industrie, soit de considérer de plus en plus l’industrie militaire comme étant l’un des poumons économiques du Canada.

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