Norman Hurens  Steve Jobs lors de la présentation de l’iPhone 4, en juin 2010. Crédits photo : © Robert Galbraith / Reuters/REUTERS

Le PDG d’Apple annonce qu’il prend un «congé maladie» pour se concentrer sur sa santé. C’est sa troisième absence d’Apple pour des raisons médicales depuis son cancer du pancréas en 2004.

Apple va une nouvelle fois devoir fonctionner sans la présence de Steve Jobs au quotidien. Lundi, le fondateur et PDG du groupe informatique a annoncé son retour en congé maladie, pour des raisons de santé qui n’ont pas été précisées. «À ma demande, le conseil d’administration m’a accordé un congé maladie pour que je puisse me concentrer sur ma santé», écrit-il dans un courrier à ses employés. «Je reste PDG et impliqué dans les décisions stratégiques les plus importantes pour l’entreprise», assure-t-il. Mais c’est bien le directeur opérationnel Tim Cook qui assurera la bonne marche des affaires courantes.

C’est la troisième fois que Steve Jobs est contraint de prendre ses distances avec la direction Apple durant plusieurs mois. Il s’est absenté une première fois en 2004 pour soigner un cancer du pancréas. Il est apparu ensuite très amaigri lors des différentes présentations des nouveautés d’Apple, et a dû prendre un congé de six mois, au tout début 2009, pour subir une greffe de foie. Le manque de transparence d’Apple, qui avait d’abord évoqué un «déséquilibre hormonal» bénin, avait alors été critiqué par la presse et certains actionnaires minoritaires, jusqu’à déclencher une enquête des autorités boursières américaines à la suite de la publication d’informations jugées trop rassurantes.

Un destin lié à celui d’Apple

Le destin d’Apple est en effet intimement lié à la personnalité de son dirigeant charismatique, aujourd’hui âgé de 55 ans, qui a fini par incarner totalement la société qu’il a créée en 1976, dans le garage de ses parents à Cupertino, en Californie. Présenté comme un visionnaire de l’informatique personnelle après le lancement du Macintosh en 1984, Steve Jobs a sauvé Apple de la faillite lors de son retour aux commandes en 1997. Depuis dix ans, il a multiplié les réussites, avec l’iPod, l’iPhone et l’iPad. Sous son impulsion, Apple est devenue la troisième société la plus importante en Bourse au monde. Elle pèse aujourd’hui 320 milliards de dollars, devant Microsoft et Google.

Peu après l’annonce de ce retrait, l’action Apple plongeait de plus de 7% à Francfort, alors que la Bourse de New York était fermée en ce jour férié aux États-Unis. Dans son courrier, Steve Jobs se dit pourtant certain que Tim Cook et ses équipes «feront un travail génial pour mettre en pratique les plans très enthousiasmants que nous avons pour 2011». Une manière de faire comprendre que la voie est déjà tracée pour les prochains mois, alors que la sortie d’un iPad 2 et d’un iPhone 5 se précise. «J’espère être de retour aussi vite que possible. Mais entre-temps, ma famille et moi apprécierions grandement que notre vie privée soit respectée», conclut-il.